Les bureaux de mode, capteurs de tendances

Les bureaux de mode fabriquent des cahiers de tendances, ils sont édités avec 3 années d’ avance, ces sources d’ inspirations majeures sont vendues entre 1 et 5000 euros.

Alexandre Pasti, directeur artistique chez Kiabi admet que c’est « un outil rassurant qui nous permet d’ anticiper sur du long terme ». L’ enseigne s’ inspire des cahiers des tendances couleur de Nelly Rodi.

Mais qui est Nelly Rodi? C’est une agence de prospective (ou bureau de tendance) fondée en 1985 par Nelly Claire Rodi. Elle propose des cahiers de tendances et du conseil stratégique pour des marques de création.

Petit récapitulatif historique:

-1987: création d’ une filiale au Japon, car en effet l’ Asie est une cible, le Japon et la Chine ont droit à une version sur chacun des supports digitaux.

-1993: Dépôt du marketing-style, une méthode de travail qui croise création, marketing et comportements de consommation.

-2003: nomination de Pierre-François Le Louët comme président.

Nelly rodi est représenté dans 20 pays, Ils visent les secteurs de la mode, textile, lingerie, déco, beauté, média, technologie, gastronomie, art de vivre..

Et pour ne citer que Nelly Rodi , n’oublions pas Promostyl, les cahiers Peclers, Carlin.

Vincent Grégoire, tendanceur chez Nelly Rodi affirme: » mon travail consiste à anticiper des comportements de consommateurs et, ensuite, à faire du lobbying, pour que ça arrive de toute façon ».

Qui achète ces cahiers de tendances? Les clients sont, j’ ai nommé, Samsung, Carré Blanc, Veuve-Clicquot, H&M, Sofitel, TBWA…

Ces cahiers de tendances sont remplis de photos, de croquis et de textes explicatifs. Ils présentent 18 mois à l’ avance, quelles seront les tendances pour telle ou telle saison.

Dans les années 60, ces bureaux de styles, affirment Pierre-François Le Louët marchaient à l’ intuition mais aujourd’ hui sont considérables, une méthode, un fonctionnement s’ impose.

Clairement, la première étape est la collecte, Nelly Rodi a un réseau de 21 correspondants dans le monde entier qui vont identifier ce qui se passe de nouveau dans tous les secteurs de la société: art, consommation, distribution, culture….  Et dans cette masse, le plus difficile est de distinguer ce qui a du sens et ce qui n’ en a pas. Les correspondants vont ainsi collecter ces données et les envoyer aux bureaux de styles. Et 2 fois par an, les  » comités de tendances » vont se réunir. Y sont présents différentes professions: des stylistes bien sûr, mais aussi des coloristes ou des sociologues.Après avoir croisé et analysé les données, ils créent des thématiques, quatre par saison.

A chaque thème, sont associés une ambiance, des couleurs, des matières, des mouvements, des motifs, rien n’ est laissé au hasard. Il est décliné dans différents domaines: la mode vestimentaire, le design, l’ art de la table, le maquillage, les draps de bain… . Tout peut être matière à créer une tendance, l’ architecture d’ un nouveau quartier, un paysage connu par des touristes ou encore les attitudes et comportements d’ un groupe de personnes.

Concrètement, les créateurs sont dans les starting-blocks de leurs collections, ils contactent ces cabinets de style afin de savoir vers quoi s’orienter: cela consiste, pour les agences à une activité dite de « conseil stratégique ».

Enfin, contrairement aux magazines de mode, les cahiers de tendances ne suivent pas la mode au jour le jour mais la prédisent, plusieurs mois, voire quelques années, avant qu’elle ne soit commercialisée.

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